La transhumance en apiculture

La transhumance, c’est quoi ?

Souvent, on associe la transhumance à la migration d’un troupeau de bétail vers des prairies plus fraîches et remplies d’herbes. Mais l’apiculteur peut lui aussi déplacer ses colonies vers des espaces plus fleuris !
C’est le cas de Romain, notre apiculteur qui déplace ses ruches à l’aide de son camion. Les trajets sont toujours effectués la nuit ou au lever du jour. Ainsi, on s’assure que toutes les abeilles soient à l’intérieur de la ruche au moment du départ. Les ruches doivent nécessairement être déplacées à plus de 5 kilomètres de leur emplacement. Ceci dans le but d’éviter que les butineuses reviennent sur les lieux et abandonnent la colonie.
Tout comme pour les vaches ou les moutons, les apiculteurs qui veulent transhumer leurs ruches doivent le signaler à la direction des services vétérinaires de leur département afin d’obtenir une carte annuelle d’apiculteur pastoral.

Pourquoi pratiquer la transhumance ?

Pratiquer la transhumance est un point essentiel si l’on veut obtenir des miels plus rares : des miels monofloraux. En effet, Romain détermine un planning de butinage en début de saison en fonction des différentes floraisons et afin d’obtenir la meilleure option pour alimenter les abeilles. Une miellée monoflorale peut durer entre 3 semaines et quelques jours pour le tilleul ou l’acacia par exemple. Pratiquer la transhumance permet donc à l’apiculteur de produire différents types de miels.

C’est aussi le secret pour offrir aux abeilles une ressource naturelle abondante dans des éco-systèmes préservés riches en plante mellifères. On évite ainsi d’avoir recours aux apports de sucre ou de sirop.

Enfin, transhumer ses ruches permet de protéger les abeilles des endroits dangereux comme les parcelles en traitement (pesticides, insecticides…) ou les épandages.

Nos ruches en voyage…

Chez l’Essaim de la Reine, nous produisons 5 miels monofloraux : le miel d’Acacia, le miel de Bourdaine, le miel de Châtaignier, le miel de Tilleul et le miel de Tournesol.

Afin de préparer au mieux nos ruches, nous effectuons toujours nos transhumances une semaine avant les floraisons concernées.
La fleur d’acacia étant la première à fleurir (avril / mai), le voyage commence en Gironde. Durant cette même période nous installons des ruches dans la ville de Bordeaux pour produire notre miel urbain : le miel de Tilleul. On installe également des ruches dans les Landes et ainsi préparer la saison de la bourdaine qui démarre en mai et peut perdurer jusqu’en juillet.
Ensuite, début juin, on transhume nos ruches en direction de la Dordogne pour la floraison des châtaigniers. Enfin, début juillet, nous finalisons ce voyage autour du Sud-Ouest : nos abeilles partent en direction du Gers pour butiner les fleurs de tournesol jusqu’au 15 août et dans les landes pour espérer produire du miel de bruyère Callune (appelée aussi bruyère tardive) à l’automne.

La transhumance nous oblige à être en connexion avec la nature et nos animaux. Les fleurs sont-elles en avance cette année ? L’environnement est-il adapté à nos abeilles ? Y-a-t-il de l’eau à proximité pour qu’elle puissent s’hydrater ? Ne sont-elles pas trop proches d’un cours d’eau à l’inverse, qui pourrait débordé au printemps ? Ont-elles un peu d’ombre pour se protéger des fortes températures estivales ?

Lorsque nous cherchons des emplacements où installer nos ruches, nous nous demandons toujours avec bon sens, si nous même nous poserions notre tente pour bivouaquer. Là réside certainement une part essentielle du succès d’une saison, mais aussi d’aventure, qui rend notre métier si passionnant.

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